Romain Besnard, éleveur-partenaire de Vrai à Saint-James, en Normandie

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Romain Besnard, éleveur-partenaire de Vrai à Saint-James, en Normandie. 🐄

Installé en association avec sa mère au GAEC Besnard, Romain a fait le choix d’un élevage bio. Pourquoi ? Qu’est-ce que ça implique au quotidien ? Nous lui avons posé nos questions !

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’implique une production en bio ? Qu’est-ce qui distingue votre élevage des élevages conventionnels ?

💬 Le principe de la production bio est de produire de l’alimentation sans pesticides ni engrais de synthèse.

Concrètement sur notre exploitation, nos bovins de race normande consomment en grande majorité de l’herbe pâturée. D’ailleurs, l’herbe représente 80% de la ration des vaches. On produit également un peu de maïs ensilage (15% de la ration) et nos concentrés (mélange céréalier : 5% de la ration).

Nos vaches pâturent de février à décembre soit 10 mois par an. Avec ce système on limite les pathologies des animaux et donc le recours aux médicaments.

Ce système de production est différent du modèle conventionnel où les surfaces de pâturage sont nettement moins importantes qu’en production bio. Ces élevages nourrissent leurs vaches en majorité avec du maïs ensilage. Contrairement à l’herbe, le maïs est une plante déséquilibrée pour la vache et nécessite un complément azoté (soja ou colza en général) lorsqu’elle majoritaire dans la ration.

Pour beaucoup de producteurs, la bio représente bien plus qu’un cahier des charges. Qu’en est-il pour vous ? Comment aller au-delà ?

💬 L’objectif de notre élevage est d’être autonome en alimentation. Ceci nous permet de limiter nos achats extérieurs et d’avoir une vraie traçabilité sur l’alimentation de nos bovins. La réglementation impose 60% d’autonomie alimentaire, nous sommes à 99%.

Pour nous, le cahier des charges n’est pas une contrainte :

  • Côté végétal, nous avons peu de culture, le maïs s’adapte bien au désherbage mécanique et le mélange céréalier ne nécessite pas d’intervention entre le semis et la récolte.
  • Côté animal, notre système basé sur le pâturage limite les pathologies et le recours aux traitements vétérinaires.

Selon vous, quel est l’impact de la bio sur le terroir, sur l’environnement ?

💬 Nous sommes dans un bassin d’élevage très dense. Il y a des chargements d’animaux très importants sur notre territoire. Ceci a entraîné une dégradation de la qualité des eaux de rivière avec des taux de nitrate dépassant les seuils autorisés.

Globalement la surface de prairies est beaucoup plus importante dans les systèmes bio par rapport aux systèmes conventionnels. Or l’herbe est un atout pour la préservation de la qualité de l’eau et la biodiversité. En effet, l’herbe est un filtre naturel pour piéger les nitrates. L’herbe présente toute l’année limite l’érosion des sols et filtre les eaux qui pourraient être polluées. Les prairies offrent nourritures et habitats variés pour de nombreux insectes.

D’autre part nos systèmes basés sur le pâturage nécessitent la conservation ou la création de haies bocagères (on a replanté un km de haie depuis 2 ans sur l’exploitation), afin de créer des zones d’ombres pour nos étés de plus en plus caniculaires et avoir des effets de brise-vents pendant les périodes plus fraîches. Ces haies participent à l’amélioration de la qualité des eaux mais également au maintien de la biodiversité